On vous déroule la procédure officielle, le plan d’action, la fiche de poste.
Et pourtant, vous savez que descendre du cheval, c’est souvent là que tout commence vraiment.
Car l’écart entre ce qu’on prescrit et ce qu’on vit n’est pas un défaut : c’est le cœur battant du travail réel.
Cet écart invisible, parfois frustrant, parfois fertile, cache un trésor : celui de la compétence, de l’ingéniosité et de la créativité quotidienne.
C’est ici que se joue la différence entre une organisation qui applique et une organisation qui apprend.
Frustration et génie ordinaire : quand le terrain réinvente la règle
Chaque fois qu’un mode opératoire tombe du ciel, vous savez qu’il ne collera qu’à moitié à la réalité du terrain.
Alors, vous jonglez. Vous réinventez. Vous contournez.
C’est épuisant, oui, mais c’est aussi là que se forgent votre identité professionnelle.
Les ergonomes et chercheurs en psychologie du travail l’ont démontré :
l’écart entre travail prescrit et travail réel n’est pas une anomalie.
C’est une preuve d’intelligence situationnelle.
Pourquoi l’écart est une richesse à explorer
Le travail prescrit — procédures, normes, protocoles — garantit la cohérence.
Mais le travail réel, lui, invente la vie du système : il ajuste, traduit, compense.
L’écart entre les deux n’est pas une faille, c’est une respiration.
C’est dans cet espace que se logent la créativité, la coopération et l’autonomie.
Trois étapes pour “descendre du cheval”
Observer l’écart
Regardez les gestes, les “hacks”, les détours qui font tenir la machine.
Ces micro-ajustements disent beaucoup de la compétence réelle et de la confiance au sein de l’équipe.
Analyser l’écart
Identifiez ce qui crée la tension : contraintes, délais, outils, injonctions paradoxales.
L’analyse de l’écart entre travail prescrit et travail réel révèle souvent des opportunités d’amélioration insoupçonnées.
Mettre l’écart en débat
Réunissez les personnes concernées.
Ouvrez la discussion sur ce qu’on garde, ce qu’on change, ce qu’on simplifie.
C’est là que naît la culture de la coopération.
Résultats visibles : du contrôle à la confiance
Quand l’organisation apprend à écouter le réel, elle bascule d’une culture du contrôle à une culture de la confiance.
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Les processus deviennent plus robustes, car ancrés dans la pratique.
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Les équipes se sentent reconnues pour leur intelligence et leur inventivité.
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Les ajustements cessent d’être cachés : ils deviennent partagés, discutés, valorisés.
Descendre du cheval, c’est accepter que la compétence ne se décrète pas — elle se construit ensemble, dans le frottement du quotidien.
L’or caché du réel
Quand on regarde le travail tel qu’il se fait et non tel qu’il devrait se faire, on découvre un gisement de savoirs silencieux.
Ces savoirs pratiques, tacites, souvent invisibles dans les reportings, sont l’or caché des organisations vivantes.
Les reconnaître, c’est renforcer la fierté, la motivation et l’apprentissage collectif.
L’écart comme levier stratégique
L’écart entre travail prescrit et travail réel ne se résout pas — il se cultive.
Chaque fois qu’une équipe le met en mots, elle renforce sa capacité d’adaptation et sa créativité collective.
Alors oui, descendez du cheval.
Regardez ce qui se passe vraiment,
C’est dans cet espace imparfait que se trouve le moteur du travail vivant.
#FAQ
Que signifie “travail prescrit” ?
C’est le travail tel qu’il est défini par les procédures, les fiches de poste et les consignes officielles.
Qu’est-ce que le “travail réel” ?
C’est le travail effectivement réalisé, avec ses ajustements, ses imprévus et ses compromis quotidiens.
Pourquoi existe-t-il un écart entre les deux ?
Parce que la réalité est mouvante : contraintes, délais, émotions et situations changent en permanence.
L’écart entre travail prescrit et travail réel est-il un problème ?
Non, c’est une opportunité d’apprentissage. Cet écart montre la capacité d’adaptation et d’intelligence collective.
Comment observer cet écart dans son équipe ?
Regardez les gestes, les raccourcis, les solutions créatives non prévues dans le protocole : ce sont des indices précieux.
Comment valoriser cet écart sans le sanctionner ?
En l’intégrant dans des temps de régulation ou de retours d’expérience où la parole sur le réel est encouragée.
Quel est le rôle du manager ?
Créer un espace d’écoute où l’écart devient matière à amélioration plutôt qu’à reproche.
Que gagne une organisation à descendre du cheval ?
Plus de confiance, de fluidité et d’innovation. Les règles deviennent vivantes et adaptables.
Peut-on réduire complètement cet écart ?
Non. Le supprimer serait nier la part humaine du travail. Il faut l’accompagner, pas le gommer.
Comment transformer l’écart en levier ?
En le nommant, en l’analysant et en le mettant en débat collectif : c’est ainsi qu’il devient ressource stratégique.


